mardi 17 avril 2012

L'art de convaincre pour acquérir un système de gestion intégrée des documents


Dans le cadre du Stage technique international d'archives, Mesdames Lourdes Fuentes-Hashimoto, des archives diplomatiques et Marie Laperdrix des Archives nationales de France, Fontainebleau nous ont proposé des ateliers pratiques sur comment convaincre les directions d'adhérer à l'idée de l'acquisition d'un système de gestion d'archivage électronique d'un part, et d'autre part, comment convaincre de la nécessité d'associer les archivistes aux projets informatiques. Trois sous-groupes ont été formés.

Comment convaincre de la nécessité d'associer les archivistes aux projets informatiques


Des étudiants ont démontré les arguments qu'ils utiliseraient pour atteindre ce but. Voici quelques éléments mentionnés :

Les informaticiens ne connaissent pas toujours les processus en gestion documentaire. C'est pourquoi les archivistes sont là pour les aider et intervenir dès le début;
L'archiviste est complémentaire à l'informaticien;
Il faut voir si les serveurs achetés répondent aux besoins des utilisateurs en fait de conservation des informations. Ce sont les archivistes qui peuvent déterminer ces besoins grâce à leurs compétences;
L'archiviste sert d'interface entre la collecte (récupération des documents), le producteur et l'informaticien.

Analyse de l'argumentaire par les formatrices

Suggestions :


La première étape consiste à utiliser un vocabulaire adéquat; il faut savoir adapter son discours à son interlocuteur; il faut traduire le vocabulaire, ne pas utiliser du vocabulaire hermétique;
Expliquer ce que fait un archiviste; expliquer notre métier;
Il faut éviter de trop parler d'archives;
Il faut donner des exemples précis; exprimer des cas vécus de pertes d'informations; ramener à des exemples personnels que pourrait vivre notre interlocuteur; donner des exemples concrets;
Arriver avec des solutions simples.

Comment convaincre les directions d'adhérer à l'idée de l'acquisition d'un système de gestion d'archivage électronique
ou l'art de convaincre les collègues


Les participants ont démontré les éléments suivants à leur argumentation :

De plus en plus, il peut être difficile de retrouver les documents dans une sorte de jungle où ils sont empilés et juxtaposés;
Les demandes qui sont faites ne sont pas répondues rapidement;
Cela donnerait de la visibilité à l'organisation grâce à une vitrine (portail, site);
Permettrait de garder une traçabilité des données électroniques;
Permet d'avoir la pérennité des données;
Il est mieux de prévenir que de guérir : au niveau de l'informatique, il est plus facile de mettre des systèmes pour éviter les doublons et la lourdeur du repérage que de faire le travail en aval;
Travail de collaboration avec les informaticiens pour donner plus de durabilité des documents; mutualisation de compétences, donc moins de coûts (réorganisation du travail; savoir travailler autrement);
Selon le contenu, les informaticiens et les archivistes doivent travailler de concert.

Analyse de l'argumentaire par les formatrices

Suggestions :


Il faut apprendre à travailler autrement;
Déterminer ses besoins et ses priorités;
Selon ce qu'on veut faire, les coûts seront en conséquence. Cela permet de déterminer les besoins;
Se documenter; réunir des informations sur ce qui se fait ailleurs;
Faire prendre connaissance des enjeux;
Suggérer des structures plus petites (meilleurs coûts);
Être capable d'analyser le contexte dans lequel on travail; cela permet de savoir qu'est-ce qu'on doit garder, qu'est-ce qui est prioritaire;
Faire des priorités :
maîtriser les projets informatiques;
analyser l'existant; analyse des besoins;
maîtriser l'avenir; aller chercher à être associé aux projets informatiques dès la conception et même avant; mener une enquête sur ce qui existe dans les services (type de données qui sont créées et conservées; à quoi elles servent).

Pour le service des Technologies de l'information (direction des systèmes d'informations), d'autres arguments, il faut parler de :

Rationalisation de la production et du stockage;
Maîtrise des coûts; réduire les coûts de stockage;
Performance des systèmes d'informations;
Sécuriser l'information.

Les raisons d'un tel système :

Collecte d'informations pour des preuves;
Pour répondre à des citoyens;
Pour les contraintes juridiques;
Garantir les droits des citoyens;
Sauvegarde de la mémoire collective.

Questions à se poser

Connaître le type de données :
Savoir dans un projet informatique, quelles sont les données qu'on va produire?
Quel type de données?
Quelle est la valeur de ces données?
Combien de temps doit-on conserver les données?
Y a-t-il des données sensibles (données personnelles)?
Quels sont les droits d'accès?
Quel est le cycle de vie des données (faire comprendre quand on pourra éliminer ces données)?

À vous de jouer!




mardi 10 avril 2012

Le nouveau site Pierrefitte des archives nationales de France


STIA: 5 avril: Jour 4

Le nouveau site Pierrefitte

Les conférenciers Isabelle Chave, Béatrice Herold et Pierre Fournié nous ont présenté le projet de Pierrefitte-sur-Seine, le nouveau site des archives nationales.

Depuis des décennies, les sites sont saturés. Ce problème étant si grand, que les archives nationales ont dû abandonner le stockage des archives de notaire (études notariales).

En 2004, le Président de la république annonce la construction d'un bâtiment pour les archives.

Les critères pour retenir un lieu sont les suivants:
•    prêt des administrations, des ministères
•    accessibilité par le métro
•    être dans un environnement studieux, environnement de recherche

Le site de Pierrefitte est alors retenu puisqu'il répond à ces critères.
Les travaux ont débuté en 2009 et l'ouverture au public est prévue pour 2013.
Le bâtiment comportera 10 étages. Il y aura une possibilité de 320 km linéaire de documents pour le stockage, soit 75% de la surface totale.
Ce bâtiment se veut écologique. Le contrôle climatique est fondé sur l'inertie thermique. Les murs sont en béton.
Il n'y a pas de climatisation; l'équilibre climatique est fondé sur l'air intérieur et extérieur. La température sera entre 16 à 23 degrés et l'humidité variable de 30 à 50%.
Ces dispositions permettront d'atteindre 70% d'économie d'énergie.

En ce qui concerne la sécurité incendie, un système de détection incendie optique est prévu et un système d'extinction automatique par brouillard d'eau (fines gouttelettes). Les murs sont coupe-feu et devraient résister 4 heures.

Les satellites sont prévus pour recevoir le public.
•    Ils sont pourvus d'auditorium et de salles d'exposition.
•    De la place pour les activités pédagogiques.
•    les espaces logistiques

Parallèlement à la construction du nouveau site, des préparatifs s'organisent. En effet, les opérations de traitement de fonds sont en branlent et consistent à:
•    conditionnement (changement de boîtes)
•    désinfection (en changeant d'environnement, cela pourrait provoquer des champignons)
•    restauration
•    microfilmage
•    numérisation (pour permettre de déplacer les archives, mais  laisser au public l'accès à la documentation)

Des codes à barres sont installés. Ils serviront à tracer la localisation d'origine et de redonner des nouvelles données de localisation aux documents, une fois le déménagement effectué.

La volumétrie du déménagement est estimée à 200 km linéaire de documents.
Il y aura 30 chaînes de transfert d'archives, selon des thématiques pour les ranger dans le site de Pierrefitte.
La durée du déménagement devrait être de 16 mois. Il est très étendu pour permettre au public de continuer à avoir accès aux archives et de réduire au maximum les délais d'incommunicabilité.

Les archives nationales: lieu éducatif

Pierre Fournié, responsable du Département de l'action culturelle et éducative (DACE) nous a entretenus sur les actions éducatives des Archives nationales.

L'action éducative sera basée au site de Pierrefitte et recevra des groupes scolaires.
Le but est d'enrichir l'offre culturelle et montrer au grand public les archives.

En 2011, 190 000 personnes ont visité les centres d'archives.

Le défi est d'aller chercher les publics des milieux défavorisés et de mettre en place de réseaux de médiateurs incitant les gens à venir voir les archives.

Le système d'information archivistique (SIA) des archives nationales

Le système étant devenu désuet, il fallait en trouver un nouveau.

Pour répondre aux orientations, une équipe a été mise en place pour rédiger un cahier des charges. L’équipe a été appuyée par des informaticiens (travail à deux archiviste/informaticiens)

Architecture fonctionnelle du SIA:
•    portail intranet: ouvert aux utilisateurs; comprend un manuel de l'utilisateur
•    application de gestion
•    référentiel des articles et des espaces
•    entrées (collecte)
•    gestion des salles de lecture
•    inscription des mouvements en dehors des salles de lecture
•    exposition
•    application documentaire
•    production d'instruments de recherche selon XML ead
•    description des productions des fonds
•    gestion des accès aux archives numérisées par l'instrument de recherche
•    portail internet: grand public
•    salle d'inventaire virtuelle
•    interrogation des instruments de recherche
•    séries de télé procédures

Aucun outil n'offrait tous les besoins envisagés. Il a donc fallu faire appel à une firme. La firme a la responsabilité d'intégrer tous les outils utiles et répondant aux besoins.

Le portail Internet:
•    Met en valeur les actualités culturelles
•    Accès aux salles des inventaires virtuelles
•    En cliquant sur 4 entrées permet d'accéder aux archives de différents types
•    Recherche par cadre de classement ou notice de description
•    Accès à la liste des instruments de recherche relatifs au fonds consulté

Chantier de dématérialisation des instruments de recherche

Madame Chave indique que 23 500 instruments de recherche ont été recensés. Une grande quantité de fiches papier (1,3 millions) et documents papier ont aussi été inventoriés.
32% des instruments de recherche étaient manuscrits
28% provenaient de fichier (impression)

Les problèmes des différentes formes de caractères ne permettaient pas la reconnaissance optique de caractères.

Une firme fût désignée pour transférer les instruments de recherche en format XML-EAD, soit 1,5 millions de pages - papier à numériser.
La numérisation est faite en format noir et blanc et format couleur, pour voir les différences au besoin. Les formats retenus sont TIFF, PDF et XML.









jeudi 5 avril 2012

STIA 2012: stage technique international d'archives

Au cours des prochaines semaines, je ferai le résumé des différentes journées se déroulant à l'occasion du STIA.
Bonne lecture!

Jour 3: 4 avril 2012

PIAF: portail international archivistique francophone

Introduction au PIAF

Conférencières: Caroline Becker, webmestre du PIAF
Anne-Marie Bruleaux

1998: développer des services en français en archivistique
2000: construction sur le web
2008: version collaborative sur portail (web 2.0)
2010: refonte du site

But:
•    Briser l'isolement des praticiens en exercice dans les pays en développement
•    Offrir de la formation continue

Clientèle visée:
•    Archiviste professionnelle
•    Personnel en poste
•    Organisme de formation
•    Étudiants

L’utilisation du Google Analytics permet de connaître la fréquentation du site. En tête, la France suivi du Canada et de l'Algérie.

Défis de PIAF:
•    Maintenir l'intérêt
•    Améliorer et diversifier les contenus ; surtout les québécois participent
•    S’assurer la participation active du milieu
•    Élargir le bassin
•    Assurer l'évolution technologique
•    Travailler avec les écoles
•    Assurer la transition des membres fondateurs
•    Pérenniser le soutien financier

Comment se former sur le PIAF

La section « Comment se former » sur le PIAF a été créée par Marcel Caya de l’Université de Montréal, Québec

Principes:
•    Présenter une même archivistique pour des pratiques différentes
•    Liens entre théorie et pratique
•    Harmonisation des concepts
•    Pérennité de l'information

Contenus:
•    200 hrs d'apprentissage
•    7 cours divisés en 15 modules
•    Glossaire
•    Modules sont autonomes et interdépendants
•    Éléments bibliographiques
•    Galeries associées au module accessible à la fin de chaque section
•    À l'intérieur des chapitres, des encadrés qui mettent en valeur des éléments plus importants ou des exemples.
•    Exercices autocorrectifs permettant de vérifier nos connaissances

Moteur de recherche de PIAF :
•    Moteur de recherche qui cherche partout dans le site
•    Repérage de toutes les occurrences: recherche plein texte
•    Le moteur utilise Google pour trouver dans PIAF
•    Donne un résultat exhaustif sur les sujets demandés

Comment "se documenter" sur PIAF


On y retrouve des textes et liens utiles

Collaboration et contribution du PIAF

Objectifs :
•    Réaffirmer la place de l'archivistique
•    Lieu d'échanges de connaissance
o    L'espace du professionnel virtuel (e-professionnel) -Réseau social

Après une présentation éclairée de l’outil, les participants ont été amenés à le manipuler et le commenter. La plupart appréciait son contenu. Pour d’autres, il était beaucoup moins intuitif pour la navigation ou pour compléter son profil personnel professionnel.

Remarque :

Voici une remarque d'un participant du STIA 2012 de l'Afrique: « On ne comprend pas les textes des Québécois »
Cette personne n’a pas expliqué ses propos ni nuancé.

Comme une bonne partie des interventions et textes proviennent du Québec, faute de participants, il est à penser que ce site ne représente pas d’intérêt pour certains à cause de son caractère régional. 
Devrait-il y avoir des relecteurs pour y intégrer un français « international » ?

Pour ma part, je constate qu'il y a plusieurs anglicismes ou termes en anglais. Voici quelques exemples :

Termes fautifs                Termes ou expressions à privilégier
cracker                               craquelin ou biscotte
kit de construction       ensemble de construction
blogs                                   blogues